Gandumas : église de pèlerinage

Faits historiques marquants de l’église de Gandumas

Pendant des siècles Gandumas et son église furent connus grâce au pèlerinage de Saint Mandé. L’abbé Georges Rocal, dans son livre « vieilles coutumes dévotieuses » nous dit « qu’on y venait même du lointain Limousin ». L’abbé Brugière décrivit « l’abondance des pèlerins » qui se retrouvaient à Gandumas, le lundi de Pentecôte. On ignore à quelle date le culte de Saint Mandé apparut à Gandumas. On peut cependant formuler plusieurs hypothèses : Les invasions normandes poussèrent vers le sud des populations qui pratiquaient déjà ce culte.

On sait aussi que vers le 10éme siècle, les Bretons dont le pays était occupé par ces mêmes Normands, voulurent mettre à l’abri les reliques de leurs saints. Ce fut le cas pour Mandé dont les reliques furent placées dans une chapelle proche de Vincennes. Par la suite un prieuré fut édifié (1203).

A partir de ce lieu, le culte de Mandé se propagea. Les pèlerins de Bretagne, d’Île de France qui suivaient le chemin de Compostelle (le pays d’Excideuil était placé sur un chemin annexe), ceux qui gagnaient le Moyen Orient pour participer aux croisades, véhiculèrent ce culte.

Dès le 11éme siècle Mandé fut vénéré à Bourges puis en Guyenne et en Limousin. A Gandumas, la statue du saint date du XVIIIe siècle, de même que la croix utilisée lors de la procession. Mais on peut tout de même penser que ce culte est arrivé beaucoup plus tôt. Avec tous les pillages subis par l’église, certaines éléments susceptibles de nous éclairer ont peut être disparu.

Pourquoi honorait-on Saint Mandé ?

Ce saint (Maudez en Bretagne) quitta au 7éme siècle son Irlande natale pour aller évangéliser l’Armorique. Il accomplit des guérisons miraculeuses et nous dit la légende « ressuscita un mort ». Sa réputation devint telle, que pour échapper à tous ceux qui voulaient guérir, il dut se cacher dans une île déserte de la presqu’île de Bréhat. Là, il fit encore un miracle en débarrassant son îlot des serpents qui l’infestaient. À une époque où la médecine était balbutiante, recourir à un saint pour guérir, n’avait rien d’anormal. De plus Mandé possédait une autre spécialité : marier les filles. Il guérissaient les maladies de peau, les maladies respiratoires et intervenaient aussi dans les maladies infantiles.

Le lundi de Pentecôte, à Gandumas, la procession menée par le prêtre se rendait à « la bonne fontaine ». Après quelques ablutions et des prières rituelles, on regagnait l’église pour écouter la messe. A la fin de l’office, on se prosternait devant le buste reliquaire de Saint Mandé. Il fallait ensuite faire un don à l’église, « en nature ou en espèces ». Le pèlerinage tomba en désuétude à la fin du XIXe siècle.